Deux morts, deux blessés graves et six personnes choquées mais indemnes... Vingt-quatre heures après ce tragique accident de la route, les circonstances restent floues.
DIMANCHE soir, la vie de Seyolo Zantoko, médecin généraliste au Nouvion-en-Thiérache et celle de son ami, Norbert Badila, médecin retraité à Étréaupont, se sont arrêtées brutalement à la sortie d'une courbe sur la RN 2 entre Froidmont et Voyenne, dans l'Aisne.
Il est 21 heures, dimanche, lorsque la voiture du docteur Zantoko, le papa de Kamini, le chanteur dont le tube Marly-Gomont avait magnifié ce coin de Thiérache, se déporte subitement sur la gauche dans une légère courbe. En face, à cet instant, un VSAB (l'ambulance des sapeurs-pompiers) de Marle arrive. Avec, à bord du véhicule de secours, un homme éméché, très énervé qui avait nécessité l'intervention des forces de l'ordre et des sapeurs-pompiers, quelques minutes plus tôt. Derrière la fourgonnette rouge, suit une Renault Clio de la brigade de gendarmerie de Marle.
Extrême violence
La Toyota Corolla du docteur percute l'arrière de l'ambulance. Sous le choc, « elle part en crabe et vient s'immobiliser perpendiculairement au bas côté, en plein milieu de la voie de circulation », détaille un enquêteur. Le chef de la brigade de gendarmerie de Marle, l'adjudant Michel Liaigre, au volant de la Clio des forces de l'ordre, pile, mais ne peut éviter la voiture qui lui barre la route. Le choc est d'une extrême violence. Le commandant de brigade est blessé grièvement à la clavicule et aux côtes. Après avoir reçu les premiers soins sur place, il a été transporté au centre hospitalier de Laon. Ses jours ne seraient pas en danger.
En face, c'est le drame. Le bilan est lourd. Pour les deux médecins, conducteur et passager avant, la mort est
brutale. Les médecins du Smur dépêchés rapidement sur les lieux de la collision ne peuvent que constater le décès.
Soutien psychologique
Coincée dans l'amas de tôles, Bernadette Mangelo, compagne du docteur Badila, assise à l'arrière, est très grièvement blessée. Elle aussi, bénéficiera d'un transport médicalisé jusqu'au centre hospitalier de Laon, une fois son état de santé stabilisé. Hier en fin d'après-midi, son état était encore jugé préoccupant par le personnel médical.
Les six personnes présentes dans l'ambulance des sapeurs-pompiers ont été fortement choquées mais s'en sont sorties indemnes. Elles ont reçu un soutien psychologique.
La RN 2 a été coupée jusqu'à 23 heures, dimanche soir, durant toute l'intervention des secours. D'importants moyens ont été engagés sur place. Rarement un accident de la circulation sur une route axonaise n'aura eu un bilan si lourd.
Les gendarmes de la brigade de Laon et de Marle se sont rendus sur les lieux ainsi que des gendarmes mobiles, appelés en renfort pour la convention des gens du voyage. Le lieutenant-colonel Louvé, patron du groupement de gendarmerie de l'Aisne, était également sur place.
Hier, les auditions des différents témoins du drame se sont multipliées. Pour les enquêteurs de la compagnie de gendarmerie de Laon, il s'agit maintenant de comprendre comment et pourquoi la Toyota s'est déportée. Avarie mécanique, seconde d'inattention, malaise ? Hier soir, près de 24 heures après le drame, les gendarmes ne privilégiaient encore aucune hypothèse.
Aurélie
BEAUSSART
Stéphane MASSE